Le Mariage pour tous
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mercredi 30 janvier 2013

Véronique Besse (29 janvier)


Discours de Véronique Besse par lemariagepourtous

Mme Véronique Besse.

Monsieur le Président, madame la ministre, mes chers collègues, le projet de loi dont nous débattons, s’il était adopté, bouleverserait totalement les fondements de notre société. Vous l’avez dit vous-même, madame la ministre, il s’agit d’une réforme de civilisation. Ce bouleversement est-il souhaitable ? Comme des millions de Français, je ne le crois pas.
 
Il n’est pas souhaitable, d’abord, parce qu’il aboutira à la dénaturation du mariage. Comme vous le savez parfaitement, le mariage n’a jamais été la reconnaissance sociale d’un sentiment entre deux personnes, aussi fort soit-il. Ce sentiment ne justifie pas, à lui seul, le mariage. Le mariage ne saurait non plus se définir comme une niche fiscale : on ne se marie pas pour bénéficier d’avantages fiscaux. On se marie parce que l’on veut, tout simplement, se construire un avenir.
 
Le mariage est bien plus qu’un contrat, c’est une institution multiséculaire reposant sur l’altérité homme-femme, qui est destinée à assurer la continuité et la stabilité de la société. C’est sur cette famille naturelle que reposent toutes les sociétés du monde. L’institution du mariage est la reconnaissance juridique de l’alliance entre un homme et une femme pour la pérennité de la société à laquelle ils appartiennent.
 
Deuxième enjeu majeur : ce projet ne prend pas en compte l’intérêt de l’enfant. C’est sans doute le point le plus fondamental. Votre projet de loi est décalé : il a été conçu par des adultes pour des adultes, sans tenir compte des besoins de l’enfant. Il a été conçu par un gouvernement et une majorité parlementaire pour répondre aux revendications de lobbies ultra-minoritaires, dans lesquels la grande majorité des couples homosexuels ne se retrouvent pas. En dernière analyse, les otages de ce texte, ce sont les enfants. Vous privilégiez le désir d’enfant par rapport aux droits de l’enfant. Le priver par anticipation du bénéfice de l’altérité sexuelle de ses parents n’est conforme ni à sa nature, ni à son intérêt. Cela revient à exposer volontairement sa personnalité à des difficultés d’identification et de structuration. Si le mariage civil prévoit la complémentarité homme-femme, c’est essentiellement parce que l’enfant a besoin d’un père et d’une mère.

M. Bernard Roman. Et ceux qui n’en ont pas ?

Mme Véronique Besse.

Comme les millions de Français qui demandent un référendum ou qui sont opposés à ce projet de loi, nous considérons que personne ne peut s’octroyer le droit de priver un enfant d’un père ou d’une mère. C’est fondamental. C’est fondamental également pour sa filiation et ce sentiment d’appartenir à une continuité d’hommes et de femmes, qui ont souhaité un environnement, le plus stable possible, pour leur enfant.
 
Ce projet de mariage pour tous, c’est aussi une porte ouverte. Porte ouverte, d’abord, à l’adoption par les couples homosexuels, nous l’avons déjà dit.

M. Michel Ménard. C’est totalement faux !

Mme Véronique Besse.

Cela rendra plus difficile l’adoption à l’étranger pour des milliers d’autres couples, car l’autorisation d’adopter pour les couples homosexuels nous fermera la porte de l’adoption dans certains pays hostiles à ce type d’unions.
 
C’est également une porte ouverte, au nom du droit à l’enfant, à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes. Vous la préparez pour mars : c’est la prochaine étape. Une fois ce texte sur le mariage adopté, plus rien ne s’opposera à la PMA. Au nom de l’égalité entre les adultes et du droit à l’enfant, elle sera sans aucun doute autorisée pour les couples de femmes.
 
C’est une porte ouverte, enfin, à la gestation pour autrui pour les couples d’hommes. Telle est la suite logique de ce projet de loi. Au nom de quoi permettrait-on aux couples de femmes d’avoir leurs propres enfants mais pas aux couples d’hommes ? C’est d’ailleurs la revendication qu’a exprimée Pierre Bergé, dans des propos on ne peut plus choquants.

M. Michel Ménard. Pierre Bergé n’est pas député !

Mme Véronique Besse.

Je le cite : « nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l’adoption. Je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? » On le voit bien, cette logique est sans fin.
 
Nous n’en sommes pas là, me répondrez-vous ? Eh bien si, nous en sommes là. Après le mariage pour tous, vous l’avez annoncé, la procréation médicalement assistée sera la prochaine étape. Et la gestation pour autrui, synonyme de marchandisation du corps humain, sera la suivante, nous n’en doutons pas.

M. Bernard Roman. Mais non ! Arrêtez de jouer la confusion !

Mme Marie-Françoise Clergeau, rapporteure pour avis. Tout cela est interdit en France !

Mme Véronique Besse.

Enfin, ce projet de loi est antidémocratique. Votre profitez de votre majorité au Parlement pour imposer cette réforme de civilisation aux Français. Vous transformez la société française en profondeur sans la consulter, sans vrai débat national. Vous refusez d’entendre les centaines de milliers de Français qui ont manifesté le 13 janvier. Vous refusez d’entendre les 220 parlementaires qui demandent également un référendum. Vous voulez faire passer ce projet contesté et contestable en catimini (Exclamations sur les bancs du groupe SRC) en utilisant votre majorité au Parlement.

M. Marc Dolez. Catimini me semble un peu excessif…

Mme Véronique Besse.

Madame la ministre, une question : si cette réforme est aussi juste que vous le dites, pourquoi ne laissez-vous pas les Français s’exprimer ? Non, ce projet de loi n’est pas souhaitable pour nos enfants. Non, ce projet de loi n’est pas souhaitable pour notre société. Dans la période de crise que nous traversons, les Français ont besoin de repères et de stabilité. Cette réforme est une réforme d’apprentis sorciers, dont les premières victimes seront les enfants. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.)

Ce site a été actif entre novembre 2012 et mai 2013, pendant les débats sur la loi concernant l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe.
 
Il est, et restera, à disposition de ceux qui le souhaitent pour garder en mémoire les peurs, contre-vérités et attaques de ceux qui y étaient opposés.

Deuxième édition pour Marions-les ! ,le livre gratuit à avoir toujours sur soi, pour ne plus se laisser impressionner par contre-vérités et approximations.


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