Le Mariage pour tous
un site à plusieurs mains, homo et hétérosexuelles, pour lutter contre les peurs et les fantasmes sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe

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Cécile Untermaier

Mme Cécile Untermaier. Monsieur le président, madame la garde des sceaux, monsieur le président de la commission des lois, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, je serai brève car tout a été dit.
 
Ce texte signe une belle et importante évolution de notre société. Il confirme que la France est un grand pays démocratique, qui prend acte des changements et des aspirations de tous ceux qui vivent en son sein.
 
Nous faisons là ce que d’autres ont fait ou sont en train de faire, en Europe ou dans le monde. Nous le faisons de la manière la plus solennelle et la plus complète qui soit : des mois de travail, d’auditions, suivis de 110 heures de discussions à l’Assemblée nationale, presque autant au Sénat. Comme nous nous y étions engagés, le débat a été libre et large.
 
D’ailleurs, nous en venons tous à répéter les propos que nous avions tenus : cela montre bien que nous sommes parvenus au bout du bout. « Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites » disait Alphonse Allais.

M. Jean-Frédéric Poisson. Ça, c’est sûr !

Mme Cécile Untermaier. L’opinion publique, dont vous nous parlez beaucoup en ce moment, partage à coup sûr cet avis.
 
Rappelons-le, le mariage, depuis les constituants de 1791, est un acte civil. Il n’est un serment et un projet que dans le cœur des époux et un sacrement que dans les églises.

M. Jean-Frédéric Poisson. C’est vrai !

Mme Cécile Untermaier. C’est cette vision traditionnelle, sacrée, sous-entendue, inhérente à vos propos qui vous interdit de comprendre et d’opérer les changements. Cette vision n’appartient ni à l’hémicycle ni à la République ; elle relève de la vie privée.
 
Nous vivons aujourd’hui un grand et un beau moment de l’histoire de notre société. Ce projet tend la main à celles et ceux qui, trop longtemps, ont vécu dans l’opprobre, le rejet, puis l’indifférence et qui, maintenant, doivent affronter votre refus. Ici, il résonne terriblement et tristement.
 
En réalité, vous n’aurez jamais le courage de défaire ce que nous faisons aujourd’hui.

M. Jean-Frédéric Poisson. Bien sûr que si !

Mme Cécile Untermaier. D’ailleurs, vous ne le pourrez pas car, d’évidence, ces dispositions seront entrées dans nos mœurs. Ne mentez pas une fois de plus à vos alliés inespérés du moment.
 
Nous avons vu des enfants s’agenouiller dans la rue sous la pluie ;…

M. Jean-Frédéric Poisson. La pluie est contre-révolutionnaire ! (Sourires.)

Mme Cécile Untermaier. …nous avons vu défiler des bébés dans leur poussette ;…

Mme Marie-Anne Chapdelaine. Eh oui !

Mme Cécile Untermaier. …nous avons entendu des outrances, des menaces. Nous regrettons ces bouillonnements et ces comportements agressifs, quelquefois à l’égard des politiques, des associatifs et des parlementaires qui travaillent en conviction.
 
Vous dites que vous ne les cautionnez pas. Pour certains d’entre vous, c’est vrai. Mais quand même, on ne vous entend pas beaucoup les dénoncer !

M. Christian Assaf. Très bien ! C’est insupportable !

Mme Cécile Untermaier. Pourtant, ils sont insupportables au regard de ce texte républicain de liberté, d’égalité et de fraternité, qui est examiné comme il se doit par la représentation nationale.

M. Bruno Le Roux. Très bien !

Mme Cécile Untermaier. Ce que vous proposez, c’est l’enfermement dans l’institution, et je vous en veux d’envoyer ce message de peur et de repli à la jeunesse.

M. Philippe Meunier. Elle va nous griffer !

Mme Cécile Untermaier. Quand vous parlez de peur à propos de ce texte, je vous réponds que ma vraie peur, ce sont les propos violents prononcés ici même, hier par M. Wauquiez, ce matin par M. Bompard.

Mme Claude Greff. Et les vôtres ?

Mme Cécile Untermaier. Ma vraie peur, c’est votre incapacité à voir le monde évoluer.
 
Merci, madame la garde des sceaux, de ce que vous avez fait pour la société française. Il est temps de voter ce texte, à l’issue d’un grand et long débat démocratique devant la représentation nationale. Au moment où le printemps revient, il est temps de laisser s’envoler ensemble « Et gai rossignol, et merle moqueur ». (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Ce site a été actif entre novembre 2012 et mai 2013, pendant les débats sur la loi concernant l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe.
 
Il est, et restera, à disposition de ceux qui le souhaitent pour garder en mémoire les peurs, contre-vérités et attaques de ceux qui y étaient opposés.

Deuxième édition pour Marions-les ! ,le livre gratuit à avoir toujours sur soi, pour ne plus se laisser impressionner par contre-vérités et approximations.


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